La fièvre à virus West Nile ou fièvre du virus du Nil Occidental

La fièvre à virus WN (FVWN) est une arbovirose dont l’agent causal est un Flavivirus isolé pour la première fois en 1937 dans le district du West Nile en Ouganda, chez une femme souffrant d’une forte fièvre. Ce virus West Nile est un arbovirus de la famille des Flaviviridae.. Iil a été découvert en l’Afrique sub-saharienne puis a été détecté en Egypte dans les années 50 et en Camargue (France) dans les années 60. Actuellement, le virus WN est considéré comme un virus émergent en Afrique du Nord, en Europe, aux Etats-Unis, puis au Canada et au Mexique. Il est considéré désormais, comme le plus répandu des flavivirus après le virus de la dengue.

Le VWN infecte plusieurs espèces animales mais il ne provoque de symptômes que chez l’homme, les chevaux et parfois les oiseaux. Il affecte l’homme de façon sporadique ou épidémique, provoquant des signes de méningo-encéphalite avec une fièvre importante accompagnée de maux de tête et de dos, des douleurs musculaires, des nausées, de diarrhées et des symptômes respiratoires. La maladie peut être fatale pour les personnes âgées et parfois, pour les jeunes enfants. La transmission du virus chez l’homme se fait par piqûre d’insecte ; l’infection humaine est asymptomatique dans 80% des cas et dans 20% des cas, elle se manifeste par un syndrome fébrile pseudo-grippal. Les formes sévères neurologiques, à type de méningites et de méningo-encéphalites n’apparaissent que dans 1% des cas.

Dans le monde, le virus West Nile touche l’homme de façon sporadique ou épidémique. Des cas humains de fièvre à virus West Nile ont été rapportés dans diverses régions du globe, en Afrique, au Moyen-Orient, en Inde, en Europe et aux Etats-Unis.

En Tunisie la première épidémie à VWN est apparue en 1997 (une vingtaine de morts), puis deux autres épidémies (2003 et 2012) ont été à l’origine de mortalités chez les citoyens tunisiens.

Le cycle épidémiologique de la maladie implique des oiseaux migrateurs jouant le rôle de réservoir aviaire, des moustiques ornithophiles principalement du genre Culex en tant que vecteurs amplifiant la circulation virale entre les populations d’oiseaux. Les oiseaux migrateurs assurent l’introduction du virus d’Afrique vers les zones tempérées, en Afrique du Nord et en Europe. En présence de vecteurs ornithophiles tels que C. pipiens, le cycle moustiques/oiseaux pourrait être initié si les facteurs favorables à la pullulation des moustiques sont réunies : pluies abondantes survenant généralement en automne, irrigation, températures élevées. C’est dans ces conditions que l’infection des équidés et de l’homme pourra se produire en présence de moustiques en fortes densités susceptibles de piquer les mammifères.

Les équidés possèdent une faible virémie et de courte durée. Ils sont considérés comme des hôtes accidentels ou des culs-de-sac épidémiologiques. Chez ces animaux, moins de 20% des infections s’expriment cliniquement, généralement sous la forme d’un simple syndrome pseudo-grippal (hyperthermie, abattement), plus rarement par une affection nerveuse du type méningo-encéphalite. Une ataxie est observée dans plus de 50% des cas. On peut aussi noter une modification du comportement et des tremblements musculaires chez certains cas.

Dr Ali Bouattour, PhD, entomologiste, Institut Pasteur de Tunis.